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Mérule Pleureuse : Pouvez-vous Vous Protéger De Ce Cancer Du Bâtiment ?

Mérule pleureuse : pouvez-vous vous protéger de ce cancer du bâtiment ?

Le soleil se lève sur votre maison, ses rayons vous réchauffent à travers la fenêtre. Vous admirez les écureuils qui s’affairent dans le jardin et repensez avec plaisir au jour où vous avez fait l’acquisition de votre maison. Vous êtes loin de vous douter qu’au moment même où vous prenez une gorgée de café, la mérule pleureuse est en train de faire des ravages sous vos pieds. Lisez notre chronique et apprenez-en plus sur ce fléau.

Est-ce de la moisissure ?

Nos spécialistes analysent la qualité de l’air, remontent à l’origine du problème et proposent des solutions durables

La mérule pleureuse est un champignon macroscopique – aussi connu sous le nom de champignons à chapeau – se nourrissant de bois (lignivore) ce qui entraîne inévitablement sa décomposition. Malheureusement pour les propriétaires de maison, le type de bois le plus susceptible de devenir la proie de la mérule est le bois mou et résineux : exactement le type de bois utilisé dans les constructions résidentielles. Une fois à l’intérieur de nos maisons, trois conditions doivent être réunies afin de permettre l’implantation et la colonisation de la mérule pleureuse : la présence d’un substrat adéquat (nourriture), une température aux alentours de 20oC et une humidité excessive.

MYCÉLIUM

     Fig. 1 : Un exemple de l’ampleur que peut prendre le mycélium

Une fois le champignon installé, son mycélium – la partie filamenteuse comme de minces tentacules – (fig. 1)  se répand partout et infiltre le moindre racoin à la recherche des éléments nécessaires à sa survie. Ces longs cordons lui permettent de transporter de l’eau en provenance d’une source d’humidité éloignée de plusieurs mètres jusqu’au lieu où se trouve le bout de bois auquel elle s’attaque. Une fois cette route établie, la mérule peut ingérer du bois même s’il n’y a pas de source d’eau à proximité. C’est d’ailleurs une des raisons qui font d’elle la plus destructrice des moisissures et la plus difficile à contrôler. Une autre de ces raisons réside en son impressionnant rythme de croissance, tel que le démontre un cas sur lequel nos experts se sont penchés ou les propriétaires en avaient par-dessus la tête.

Dans ce cas en particulier, les propriétaires avaient emménagé dans leur nouvelle maison un an auparavant et n’avaient aucune raison apparente de s’inquiéter. Mais les choses ont changé le jour où ils ont décidé de réaménager le salon. Plus précisément, c’est en déplaçant le divan qu’ils ont aperçu des protubérances blanches poussant au travers des lattes du plancher. Bien que cette partie de la maison repose sur un vide sanitaire inaccessible, la découverte les a assez inquiétés pour qu’ils décident de pratiquer une ouverture dans le plancher. Ce qu’ils ont découvert les a littéralement jetés sur le dos : une quantité effroyable de moisissure.

Dépassés par l’étendue visible de la contamination, les propriétaires décident alors de nous appeler en renfort. C’est donc avec le mandat de déterminer la nature du champignon et de déterminer le protocole à mettre en place pour rectifier la situation que nos experts entrent en scène. L’analyse en laboratoire d’un échantillon de moisissure a rapidement confirmé les craintes de nos experts quant à sa nature : il s’agit de mérule pleureuse.

Devant l’ampleur du problème – le champignon couvre une superficie supérieure à 500 pieds carrés, soit plus de la moitié de la surface de la maison ! – nos experts ont décidé de quantifier la croissance de la mérule. Pour ce faire, ils se sont penchés sur la littérature sur le sujet puis ont comparé les résultats obtenus lors de différentes visites. Conclusions : leurs savants calculs ont permis de déterminer que la croissance moyenne de la mérule pleureuse dans les conditions retrouvées sur les lieux s’établissait à  0.5 po par jour (fig 2). À ce rythme, c’est tout près de 200 pi2 par an que la mérule peut envahir…

AVANT_APRES

     Fig. 2 : Ces images avant (gauche) et après (droite) démontrent bien la progression fulgurante de la mérule en seulement 50 jours !

Avec un tel rythme de croissance, si rien n’était fait pour mettre un frein à sa prolifération, la contamination allait rapidement devenir irréversible. Il fallait agir sans tarder et mettre en place un plan d’action détaillé visant deux objectifs bien précis : arrêter et éradiquer la contamination puis s’assurer de réduire au maximum les risques de récidives futures.  Pour ce faire il fallait faire effectuer beaucoup de travaux dont, entre autres, excaver tout le sol contaminé, ériger une nouvelle fondation, installer un système efficace de drainage autour du bâtiment, reconstruire l’ensemble du plancher et des murs endommagés, mettre en place un système efficace de gestion de l’humidité et bien plus encore. Malheureusement pour les propriétaires de maisons atteintes par la mérule, le fait qu’il soit illégal d’envoyer des matériaux contaminés au dépotoir ou de les brûler afin de minimiser les risques de propagation rend la facture excessivement salée. Pour nos clients, le coût total des travaux correctifs s’élevaient à plus de 150 000 $ !

Comme le démontre clairement la situation onéreuse dans laquelle se sont retrouvés nos clients, il est de loin préférable de prévenir que de guérir lorsqu’il est question de mérule pleureuse. Pour ce faire, l’élément primordial à garder en tête est le contrôle de l’humidité. Vérifiez premièrement qu’il n’y a pas d’accumulation d’eau à proximité de la maison et encore moins à l’intérieur en assurant un drainage efficace. Ensuite, faites en sorte qu’aucune matière putrescible – qui peut pourrir – ne soit en contact direct avec une source d’humidité. Il est difficile d’empêcher le transport accidentel de spores de mérule à l’intérieur de nos maisons puisqu’ils sont présents partout dans la nature, mais il y a tout de même des moyens de minimiser les risques. Par exemple, évitez de rentrer de grandes quantités de bois de chauffage, car elles peuvent contenir des spores et lorsque vous le faites, assurez-vous de les entreposer dans un endroit sec.

Vous n’êtes probablement pas aux prises avec de la mérule pleureuse, c’est du moins ce que nous vous souhaitons, mais ne perdez jamais de vue que si les conditions sont propices pour la mérule, elles le sont aussi pour d’autres types de moisissures. Bien que la mérule frappe l’imaginaire, il n’en demeure pas moins qu’il existe plusieurs autres types de moisissures nocives pour la santé des occupants.  Si vous avez des doutes sur la présence de moisissures dans votre maison, faites appel au service d’analyse de la qualité de l’air offert par les experts de Legault-Dubois. Cliquez ici pour en apprendre plus.

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